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Nous sommes une fondation à but non-lucratif, guidée par la vision humaniste du poète et entrepreneur Charles Corm —

fondée pour promouvoir et soutenir le patrimoine culturel et naturel du Liban en partenariat avec l'Université Saint-Joseph de Beyrouth.

La fondation est basée dans la maison Charles Corm. Cette tour blanche reconnaissable de par son architecture, est ouverte au public pour la première fois en plus de 50 ans.

Transformée en espace polyvalent, elle accueille artistes, chercheurs et innovateurs.

 

Champ d’action

Plutôt qu’une fondation figée dans le passé, nous voulons que nos activités s’adaptent aux besoins actuels du Liban et anticipent ceux de demain.

Nous proposons dans un espace interactif, des programmes pour toutes les tranches d’âge et dans plusieurs langues, pour informer, sensibiliser et responsabiliser en se basant sur les trois piliers suivants —

Revisiter
notre histoire

Notre fonds d’archives nous éclaire sur la vie littéraire, politique et économique du Liban au 20ème siècle. En le rendant accessible et en privilégiant des lectures croisées nous espérons montrer sa pertinence au monde contemporain.

Défendre notre
patrimoine naturel

L’attachement de Charles Corm pour la faune et la flore est notre point de départ pour promouvoir le développement durable et la protection de la biodiversité.

Offrir une
plateforme d’échange

Comme au temps de Charles Corm, le bâtiment et son jardin ont été pensés pour privilégier l'échange et le dialogue, grâce à des espaces d'exposition, de conférences, de performances, d'ateliers et de projections de films.

 




Qui était

Charles Corm?

Charles Corm (1894-1963) est un poète et entrepreneur libanais. Il est le fils du peintre Daoud Corm (1852-1930), reconnu comme le premier artiste libanais de renom.

En 1913, Corm fonde avec son père La Maison d’Art, premier magasin en son genre, qui vend outre du matériel artistique, des machines à écrire et des appareils photographiques.

À l’éclatement de la Première Guerre mondiale, Corm fuit la conscription dans l’armée ottomane et s’attèle à soulager les habitants du Mont Liban frappés d’une terrible famine, orchestrée par les Turcs et décuplée par une attaque de sauterelles. Il s’attèle alors au ramassage des vignes dans les terrains laissés abandonnées par les hommes partis en guerre et organise des soupes populaires clandestines, dans une région alors ravagée par la faim. Dans l’après-guerre, l’organisation du ravitaillement de Beyrouth lui sera confiée par les forces françaises. fraîchement débarquées, il n’a que 25 ans.

Parallèlement, pour remonter le moral de la population, il lance les Tréteaux Libanais, une troupe de théâtre dont les pièces, légères et drôles renvoient néanmoins les spectateurs à la réalité sociale et économique du pays.

Au sortir de la guerre, Corm est en tête de file d’une génération d’intellectuels qui tentent de définir l’État Libanais naissant comme berceau de culture et d’humanisme. Pour présenter ses idées, il fonde dès 1919 la Revue Phénicienne, première revue francophone, dans laquelle participent d’autres penseurs de son époque tel Michel Chiha, considéré comme l’auteur de la constitution libanaise.

Si ces idées le propulsent sur le devant de la scène, il réalise qu’il doit subvenir à ses besoins et ceux de sa famille. Inspiré par son voyage aux États-Unis qu’il fait en 1912, et qui dure environ un an, il se lance dans le monde des affaires et réussit à prendre la représentation des automobiles Ford pour le Levant. Dans les années 20 et 30, il ouvre des dizaines de succursales partout au Levant et favorise le développement de l’agriculture grâce à l’importation de machines modernes.



Mais Corm n’a jamais véritablement laissé le monde des arts et des lettres. A l’âge de 40 ans, il quitte les affaires pour s’adonner à l’écriture. Il en profite aussi pour épouser Samia Baroudy, Miss Liban 1935 avec qui il aura quatre enfants : David, Hiram, Virginie et Madeleine.

Il a toujours la plume fine comme en témoignent ses nombreux poèmes. Son œuvre majeure la Montagne inspirée recevra le Prix Edgar Allan Poe . Publiée en 1934 en ‘libanais’ comme le note l’auteur, cette chanson de geste libanaise a été traduite en plusieurs langues dont l’arabe, l’anglais et le portugais. Ses trois volets- le Dit de l’Enthousiasme, le Dit de l’Agonie et le Dit du Souvenir- forment une épopée libanaise. Ses thèmes majeurs - à savoir le Liban en proie à la domination étrangère et la remise en doute de ses citoyens et l'effondrement du pays- restent aujourd’hui d’actualité.

Citons également la Terre Assassinée ou les Ciliciennes -pièce de théâtre sur le génocide arménien composée en 1940, ou encore le Volcan Embrasé, roman historique, composé entre 1925 et 1930, dont l’intrigue tourne autour de la révolte des Druzes contre les autorités françaises du Mandat.

Entre romans et pièces de théâtre, Corm revient toujours à la poésie, qu’il écrit avec une aisance sublime qui touchera même les lecteurs modernes que nous sommes, moins habitués à lire des recueils de poésie. S’en suivent le Mystère de l’Amour, (1940-48), la Symphonie de la Lumière, (1940-44) hommage à Khalil Gibran et La Petite Cosmogonie Sentimentale (1959-1963), éloge de la faune et la flore du Liban et ailleurs.

Tout au long de sa vie, Corm contribue à l’établissement de nombreuses institutions libanaises tel le Musée National ou encore les Amis du Conservatoire de Musique. Soucieux de l’environnement, il fonde la Société des Amis des Arbres en 1934 ainsi que la Coopérative pour la Protection des Paysages. Il s’active aussi dans les domaines du théâtre (le Comité de Réforme de l’Art Théâtral au Liban), des arts (la Société des Artistes Libanais) ou encore du folklore (le Comité du Prix du Folklore Libanais).

En 1935 il inaugure les Amitiés Libanaises, lieu de rencontre d’intellectuels libanais et étrangers qui seront bientôt basées dans sa tour blanche: l'ancien quartier général de son agence Ford sera transformée en résidence familiale à la fin des années 30.

En 1939, à la demande du Président de la République Émile Eddé, il organise le Pavillon libanais au New York World’s Fair. Plutôt que de trouver sa place dans l’espace réservé aux colonies et mandats français, le pavillon libanais brille de son histoire millénaire entouré des pavillons de pays indépendants.

Au cours de sa vie Corm reçoit de nombreuses distinctions, dont le Citoyen d’Honneur de New York en 1939 et la Médaille d’Honneur de l’Académie Française en 1950.

 

La Maison Charles Corm

Tel un phare qui illumine Beyrouth, la tour blanche de Charles Corm fut longtemps l’une des plus hautes structures de la ville. Imaginée en 1928 par Corm lui-même, l'immeuble est un clin d’œil aux gratte-ciels américains qui se construisent à l’époque. Destinée à héberger l’agence Ford et son administration dont il est le représentant pour le Levant, de nombreuses voitures furent montées ici. L’intérieur garde encore des traces de ce passé industriel avec des phares de voitures employés comme luminaires.

À la fin des années 30, Corm se marie avec Samia Baroudy et l’immeuble devient la résidence de la famille Corm. C’est ici que ses quatre enfants, David, Hiram, Virgine et Madeleine grandissent entourés de meubles Art Déco et Bauhaus ainsi que d’une impressionnante bibliothèque.

Le jardin compte un majestueux cyprès ayant miraculeusement survécu à la guerre du Liban ainsi qu’un bosquet de bambous et une généreuse pépinière. C’est l’un des rares espaces verts à Beyrouth.

Longtemps, le jardin abrita le studio du sculpteur et élève de Rodin, Youssef el Hoayek (1882-1962). On peut encore y découvrir les bustes de Khalil Gibran et Daoud Corm.

 

La Bibliothèque et les Archives

Riche d’un fonds d’archives accumulé par Charles Corm tout au long de sa vie, la fondation s’attache à mettre en lumière des documents historiques tels des rapports relatifs à la Commission King Crane, des lettres de correspondance entre Corm et des intellectuels de son époque et un corpus impressionnant liés à l’activité de l’agence Ford à l’aube de l’essor automobile dans la région.

Les archives comprennent aussi la bibliothèque de l’auteur qui, en son temps, était l’une des plus grandes bibliothèques privées dans le pays, contenant romans, poésies, essais, livres d’arts, ainsi que revues et journaux d’époque (certains datant de la Grande Guerre).

Loin d’un regard nostalgique sur le passé, nous nous attachons à créer un lien entre la dimension historique de ce fond et le monde d’aujourd’hui. Nous espérons que ces archives intéressent chercheurs, artistes, ainsi que le grand public, curieux de l’effervescence culturelle dans laquelle baignait le Liban dans la première moitié du 20ème siècle.

— Aujourd’hui, la maison de Charles Corm débute une troisième vie, pour devenir une plateforme d’échange, ouverte à tous, au cœur de Beyrouth.