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Eucalyptus (ou gommier)
Eucalyptus - الكينا
Description
Il n’y a pas que le koala qui l’apprécie. Son bois sert à fabriquer des huiles essentielles, des produits médicaux, des meubles et du papier. Enfin, l’eucalyptus a un rôle important à jouer dans l’environnement: il sert de refuge à de nombreux animaux et aide à séquestrer du carbone. Son odeur fait aussi fuir les moustiques.
Les eucalyptus font leur apparition au Liban au temps du mandat français pour assécher les marais. On en trouve le long des routes maritimes et à l’embouchure des fleuves.
Les eucalyptus de la Fondation furent plantés dès son acquisition en 1926 pour protéger la propriété des moustiques. Au fils des années, ils n’ont pas arrêté de pousser et même si leur grandeur donne de la majesté au jardin, il n’empêche qu’ils boivent beaucoup d’eau et ont asséché le sous-sol.

Poème
Psychologie d’un Arbre
Ce bel eucalyptus, qui porte comme un globe
Son noble front bombé qui monte au firmament,
Tirant du fond des cieux plus d’un pur diamant
Qui brille dans ses yeux et perce au creux du lobe
D’une oreille écartée. Alors, superbement
Il serre, en l’ajustant à sa taille, une robe
D’émeraude moirée où le vert clair de l’aube
S’ourle au vert outremer du fond du vêtement.
Simplement magnifique, il s’ordonne à sa masse
Et remplit son ampleur d’altitude et d’espace;
Inexpugnable, il semble insensible au malheur.
Si pourtant à la hache on lui case une branche,
Celle qu’il va pousser à sa place, il la penche
Tristement vers le sol, comme un saule pleureur!
Paru dans La Petite Cosmogonie Sentimentale. Collection « Œuvres poétiques » – Tome 6, Éditions de la Revue Phénicienne, 1ère édition – 2004
Les Incroyables Affinités
J’avais un bon ami*, simple, rieur et tendre,
Avec qui, vers le soir, j’allais tourner en rond,
Dans un jardin voisin, où nous rêvions d’entendre
Ce que disent tout bas la fleur et le frelon.
Un jour qu’il ne vint pas, j’y voulus seul l’attendre,
Et, parce qu’il l’aimait, je contemplais le tronc
D’un grand eucalyptus, si haut qu’il semblait tendre
Droit et clair vers l’azur, comme un chant de clairon.
Le ciel était serein, pas de vent, pas d’orage,
Et pas la moindre brise au travers de l’ombrage;
Quand soudain, devant moi, cet arbre jeune et fort
Se cassa par la base et s’abattit par terre.
Or c’est au même instant, par un plus grand mystère;
Qu’au loin, mon pauvre ami, tout à coup était mort!
*Il s’agit de l’écrivain Ameen Rihanni (1876-1940).
Paru dans La Petite Cosmogonie Sentimentale. Collection « Œuvres poétiques » – Tome 6, Éditions de la Revue Phénicienne, 1ère édition – 2004