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Fougère
Bracken fern - السرخس
Description
Cette plante qui date de l’ère préhistorique a la particularité de ne porter ni des graines ni des fleurs. À leur place, elle produit des spores que l’on peut voir en retournant la feuille que l’on appelle une fronde. Il existe plus de 9000 sortes de fougères y compris des variétés marines. Elles se trouvent en majorité dans des régions chaudes. Les frondes qui se déroulent graduellement peuvent être tantôt stériles ou fertiles. Cette réalité a touché Charles Corm comme l’atteste l’un de ses poèmes.
Dans le jardin, disséminées un peu partout, les différentes variétés de fougères se portent à merveille qu’elles soient à l’ombre ou en plein soleil.

Poème
La Fougère
On a dit la beauté de la femme stérile;
Mais la fougère aussi ne peut jamais fleurir,
Et quoiqu’elle prend l’air de ne pas en souffrir,
Ne rêve t-elle pas d’une force virile
Qui viendrait lui donner la grâce puérile
D’éclore, d’embaumer, d’aimer et d’attendrir?
N’a t-elle pas besoin, avant de se flétrir,
D’un calice irisé sur sa tige fébrile?
Elle n’a pas cessé, depuis qu’elle a poussé,
De reverdir sa crosse et de la retrousser,
S’offrant toute au soleil, à la pluie, à la brise.
En quête d’un pollen elle vibre sans fin,
Pourtant du moindre germe elle a beau s’être éprise,
La jolie inféconde attend toujours en vain.
Paru dans La Petite Cosmogonie Sentimentale. Collections “Œuvres poétiques” Tome 6, Éditions de le Revue Phénicienne, 2004.
La Fougère
Délicate et légère
Comme un duvet d’oiseau,
La branche de fougère,
Qui tremble au bord des eaux
Et dont ta main décore,
D’un geste tendre et bon,
Le cristal d’une amphore,
Est la sœur du charbon.
Des forêts gigantesques,
Un cataclysme obscur
A, les troncs titanesques,
Pétrifié comme un mur.
Là-bas, dès la genèse,
Depuis cinq cent mille ans,
Près de la côte anglaise
Ils portent l’océan.
Ailleurs, leur cendre noire
Pressée atrocement,
Invraisemblable histoire,
Forme le diamant.
Ce sont d’un même père
Trois divers rejetons:
La tige de fougère
Qui pare ton salon,
Le charbon qui réchauffe
Ton cœur vainqueur du froid,
Et, meilleur que mes strophes,
Le brillant à ton doigt.
*
Ainsi donc, ma chérie,
Nos enfants adorés,
Par le sort qui varie
Leurs destins ignorés,
Faillite ou réussite,
Seront pareillement
Dans la vie: anthracite,
Fougère ou diamant.
Paru dans La Montagne Parfumée, Collection « Œuvres poétiques » – Tome 3, Ed. de la Revue Phénicienne, 1ère édition -2004